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Search Console signale des pages non indexées : que faire ?

  • Par Charles Patoine
  • 16 min de lecture
Deux bandes de papier marquées « /page/ » et « /page » convergent vers une seule sortie.
Avec ou sans barre finale, le choix compte moins que la façon dont il est appliqué partout.

J’ai reçu plusieurs courriels de Google Search Console avec un objet assez inquiétant : « New reasons prevent pages from being indexed ».

J’espère que ce ne sont pas des pages importantes, comme mes pages de services ou mes articles.

Ma première réaction
Courriel Search Console signalant les motifs « Autre page avec balise canonique correcte » et « Page avec redirection ».
Le courriel annonce des URL non indexées, sans dire lesquelles ni si l’exclusion est normale. Il faut ouvrir le rapport avant de conclure.

Le courriel ne me disait pas quelles pages étaient touchées. Il ne m’expliquait pas non plus si j’avais une vraie erreur à corriger. Il fallait ouvrir le rapport, regarder chaque motif et examiner les exemples d’URL.

C’est là que j’ai vu deux adresses presque identiques. La seule différence était une barre oblique à la fin. Je savais que la version sans barre était l’adresse officielle du site, parce que toute sa mécanique avait été construite selon cette convention.

Commencez par identifier les URL touchées

Le rapport Pages(s'ouvre dans une nouvelle fenêtre) répond à une question précise : quelles URL Google a-t-il indexées ou exclues ? Il ne faut pas le confondre avec les rapports de performance, qui montrent plutôt comment vos contenus apparaissent dans Google. Search Console peut maintenant mesurer aussi certains contenus publiés sur les réseaux sociaux.

Pour une alerte d’indexation, ouvrez la propriété de votre site, puis le rapport Pages dans la section Indexation.

Vous verrez un total de pages indexées et un total de pages non indexées. Ne vous arrêtez pas au nombre global. Il peut regrouper des situations très différentes : des redirections normales, des doublons correctement canonisés, des pages introuvables ou des pages que Google connaît sans les avoir indexées.

Cliquez sur un motif précis. Commencez par celui mentionné dans le courriel. Le rapport affiche alors des exemples d’URL associées à ce motif.

Cette liste sert au diagnostic, mais elle n’est pas nécessairement exhaustive. Cherchez surtout le motif commun entre les exemples présentés.

Trois questions à vous poser

  • Page importanteEst-ce une page que je veux réellement voir dans Google ?
  • Adresse officielleEst-ce l’adresse officielle de cette page ou une simple variante ?
  • Motif communEst-ce que plusieurs exemples suivent le même motif, comme une barre finale, une version HTTP ou un paramètre ajouté à l’adresse ?

Cette première lecture évite de corriger vingt URL une par une alors qu’elles proviennent toutes de la même règle.

Extrait du rapport Pages de Search Console montrant plusieurs motifs de non-indexation.
Le total ne suffit pas. Ouvrez un motif pour comprendre ce qu’il regroupe, puis examinez ses exemples d’URL.

Une page non indexée n’est pas automatiquement en erreur

Le mot « non indexée » peut donner l’impression que Google a rejeté une page. Ce n’est pas toujours ce qui se passe.

Pour comprendre le parcours d’une URL, il faut distinguer sa découverte, puis les trois grandes étapes décrites par Google(s'ouvre dans une nouvelle fenêtre) : l’exploration, l’indexation et la présentation dans les résultats.

  • La découverte : Google apprend que l’URL existe, par un lien, un sitemap ou une autre source.
  • L’exploration : Google tente de récupérer la page.
  • L’indexation : Google analyse le contenu, choisit une version canonique et décide s’il conserve la page dans son index.
  • La présentation dans les résultats : Google décide si cette page répond à une recherche précise et à quelle position elle pourrait apparaître.

Une page peut être découverte sans avoir encore été explorée. Elle peut aussi être explorée sans être indexée. Enfin, être indexé ne signifie pas être bien positionné.

« Autre page avec balise canonique correcte »

Ce motif signifie que Google considère l’URL comme une variante d’une autre page canonique déjà indexée. La balise canonique pointe correctement vers cette version principale.

Prenons cet exemple :

Comparaison des URL
Adresse visitée
https://exemple.ca/service/

Canonique déclarée
https://exemple.ca/service

Si la version sans barre est bien la page officielle, l’exclusion de la variante avec barre est logique. Google n’a pas besoin de conserver les deux adresses dans son index.

Vous n’avez donc pas à forcer l’indexation de la variante. Vous devez plutôt vérifier que la page canonique est bien celle souhaitée, puis l’inspecter à son tour pour confirmer son état d’indexation.

Ce n’était pas une catastrophe d’indexation. La canonique faisait son travail et Google avait retenu la bonne version. La variante avec barre répondait toutefois 200, même si elle n’avait aucune raison de servir le contenu séparément. Une redirection permanente permettait d’aligner le serveur sur la convention déjà utilisée ailleurs.

En-tête du rapport « Autre page avec balise canonique correcte » dans Search Console.
Après avoir choisi un motif, Search Console ouvre son détail. Les exemples d’URL se trouvent plus bas dans le compte et doivent être examinés un par un.

« Page avec redirection »

Une URL qui redirige vers une autre adresse n’est généralement pas destinée à être indexée elle-même. C’est la destination finale qui compte, mais le motif ne confirme pas à lui seul que cette destination est indexée.

Ce motif est fréquent pour :

  • une ancienne page redirigée vers sa remplaçante;
  • une adresse HTTP redirigée vers HTTPS;
  • une version avec www redirigée vers la version sans www, ou l’inverse;
  • une variante avec barre finale redirigée vers la forme officielle sans barre.

Vérifiez la redirection si elle mène au mauvais endroit, tourne en boucle ou arrive sur une page introuvable. Une chaîne de plusieurs redirections peut aussi être simplifiée pour éviter des détours inutiles. Il faut enfin intervenir si vos menus, vos articles ou votre sitemap continuent de pointer vers l’ancienne adresse.

Ne demandez pas l’indexation de l’URL qui redirige. Inspectez plutôt sa destination finale.

Inspectez une URL avant de corriger quoi que ce soit

Cliquez sur un exemple d’URL dans le rapport, puis ouvrez l’outil d’inspection(s'ouvre dans une nouvelle fenêtre). Vous pouvez aussi coller l’adresse exacte dans la barre d’inspection en haut de Search Console.

L’écran peut afficher « L’URL n’est pas sur Google ». Cette phrase décrit l’adresse que vous inspectez. Elle ne signifie pas automatiquement que son contenu est absent de Google. Le contenu peut être indexé sous une autre URL canonique.

Dans les détails de l’indexation, cherchez surtout :

  • la dernière exploration;
  • l’autorisation d’exploration;
  • le résultat de la récupération de la page;
  • l’autorisation d’indexation;
  • la canonique déclarée par votre site;
  • la canonique choisie par Google.

Dans Search Console, j’ai confirmé que Google et le site désignaient tous deux la version sans barre. Restait à comprendre pourquoi la variante avec barre demeurait accessible.

Comparez rapidement l’URL et la canonique

Dans mon cas, Detailed SEO Extension m’a donné le premier indice. L’adresse visitée avait une barre finale, mais la page déclarait la version sans barre comme canonique. L’extension ne montre toutefois pas la canonique choisie par Google. Cette seconde information vient de Search Console.

Voici les trois cas les plus simples à reconnaître :

  • L’adresse visitée et la canonique sont identiques : la page déclare l’adresse visitée comme sa canonique préférée.
  • Les deux adresses diffèrent : vous êtes peut-être sur une variante, un doublon intentionnel ou une page mal configurée.
  • L’adresse change dès son ouverture : une redirection vous amène vers une autre URL.

Une différence n’est pas une preuve suffisante à elle seule. Certaines pages doivent rester accessibles tout en pointant vers une canonique différente. L’extension vous donne un indice. Search Console et la réponse HTTP permettent ensuite de confirmer ce qui se passe.

Utilisez le test en direct avec la bonne attente

Le bouton Tester l’URL active demande à Google de vérifier la version accessible maintenant. Il est utile après un correctif, surtout si le rapport repose encore sur une ancienne exploration.

Un résultat vert indique que le test peut accéder à l’URL active et qu’il n’a détecté aucun obstacle parmi les points qu’il vérifie. Il ne garantit pas que la page sera indexée. Le test en direct ne prédit pas non plus quelle canonique Google choisira lors de son prochain traitement.

Si l’adresse inspectée redirige, le test suit cette redirection sans nécessairement vous signaler le détour ni afficher clairement l’adresse finale testée. Vérifiez donc toujours la source et la destination séparément.

Vérifiez les signaux dans un ordre simple

Vous n’avez pas besoin de modifier tout le site dès qu’une URL semble étrange. Vérifiez les éléments suivants dans cet ordre.

1. Le statut HTTP

La page officielle devrait normalement répondre avec un statut 200.

Une variante que vous voulez éliminer devrait rediriger de façon permanente vers l’URL officielle. Les statuts 301 et 308 indiquent une redirection permanente(s'ouvre dans une nouvelle fenêtre). Les statuts 302 et 307 décrivent une redirection temporaire. Ils peuvent être justifiés, mais ils expriment une intention différente.

2. La chaîne de redirection

Une seule étape est préférable :

Comparaison des redirections
À privilégier
/service/ → /service → 200

À éviter
/service/
→ http://exemple.ca/service
→ https://www.exemple.ca/service
→ https://exemple.ca/service

Chaque étape ajoute un détour. Une mauvaise règle peut aussi créer une boucle.

3. Les autres signaux d’indexation

Vérifiez ensuite que les autres indications du site convergent vers la même URL :

  • robots.txt et noindex : robots.txt(s'ouvre dans une nouvelle fenêtre) contrôle surtout l’exploration. Il ne constitue pas une méthode fiable pour retirer une URL de l’index. Google doit pouvoir explorer une page pour lire sa directive noindex(s'ouvre dans une nouvelle fenêtre). Une URL bloquée peut quand même apparaître dans l’index si Google la découvre par d’autres liens, mais sans qu’il ait pu lire son contenu.
  • La canonique : chaque page officielle devrait déclarer sa propre URL. Une variante qui reste accessible et présente un contenu identique ou très similaire peut pointer vers cette page. Une canonique reste un signal, et Google peut en choisir une autre s’il reçoit des indications contradictoires.
  • Le sitemap : il devrait contenir uniquement les URL officielles que vous souhaitez voir indexées, jamais les variantes redirigées. Sa présence ne garantit ni l’exploration ni l’indexation.
  • Les liens internes : menus, boutons, fils d’Ariane et liens éditoriaux devraient pointer directement vers la forme officielle. Une redirection ajoute un détour inutile et continue de publier l’ancienne forme de l’adresse.
  • Le hreflang : si vous utilisez hreflang sur un site multilingue, chaque version doit se référencer elle-même et référencer les autres versions. Ces relations doivent être réciproques, employer des URL complètes et conserver normalement une canonique propre à chaque langue.

Avec ou sans barre finale : choisissez, puis restez cohérent

Une barre oblique finale est le / placé à la fin du chemin d’une URL. On l’appelle souvent trailing slash dans les outils techniques.

Ces deux adresses peuvent être traitées comme deux URL distinctes :

Deux URL distinctes
https://exemple.ca/service
https://exemple.ca/service/

La racine du domaine est un cas particulier. https://exemple.ca et https://exemple.ca/ représentent la même racine. Voir une barre après le nom de domaine est donc normal.

Pour une page interne, Google n’accorde pas un avantage général à la forme avec barre ou à celle sans barre(s'ouvre dans une nouvelle fenêtre). Vous pouvez choisir l’une ou l’autre. Le problème apparaît quand les différentes couches du site ne font pas le même choix.

Avant et après le correctif
AVANT
/service/ → 200
canonique de /service/ → /service
sitemap et liens → /service

APRÈS
/service/ → redirection permanente → /service
/service → 200
canonique de /service → /service
sitemap et liens → /service

Dans mon cas, j’ai donc fait rediriger de façon permanente la variante avec barre vers l’adresse officielle sans barre. J’ai ensuite vérifié les réponses HTTP, les canoniques, le sitemap, les liens internes et la génération du site. Il ne restait plus qu’à laisser Google réexplorer les URL.

Comparaison de deux configurations : une variante avec barre répond 200 avec une canonique sans barre, puis elle redirige en 301 vers la forme officielle après le correctif.
Une canonique peut suffire à regrouper des variantes. Dans ce cas, la redirection permanente a rendu la convention plus simple et explicite.

Une canonique et une redirection ne font pas le même travail

Une balise canonique(s'ouvre dans une nouvelle fenêtre) indique quelle adresse vous préférez pour l’indexation. La variante demeure accessible.

Une redirection envoie directement la personne et le robot vers une autre adresse. Elle convient mieux lorsqu’une variante, comme la forme non retenue d’une barre finale, n’a aucune raison de rester accessible.

L’effet est petit, puis il peut se multiplier

Sur un site de quelques pages, cette incohérence produit souvent un nombre limité d’URL supplémentaires. Elle ne fait pas automatiquement disparaître le site de Google.

Sur un grand site bilingue de plusieurs centaines de pages, le même motif pourrait se multiplier entre les langues, les protocoles, les sous-domaines et les variantes de chemins. Le rapport peut alors se remplir de variantes et rendre le diagnostic plus long, sans qu’une perte de classement soit automatique.

Comment aligner le serveur, le framework et le contenu

La correction exacte dépend de votre hébergeur et de votre technologie. Une fois la forme officielle choisie, corrigez chaque endroit où l’autre forme subsiste : la règle de redirection, les canoniques, le sitemap, les liens internes et le hreflang. Vérifiez ensuite le résultat généré, pas seulement les réglages écrits dans le projet.

Dans mon cas, le site utilise Nuxt et Cloudflare. Cloudflare a été configuré pour retirer la barre finale des pages internes. Nuxt continue de produire les canoniques, le sitemap et les liens sans barre.

Je ne vous recommande pas de copier une règle technique sans vérifier votre environnement. WordPress, Apache, Nginx, Netlify, Vercel et Cloudflare ne gèrent pas tous les chemins de la même façon. Le résultat attendu est plus important que le nom du réglage : une seule redirection, puis une page finale en 200 qui se déclare elle-même comme canonique.

Cette cohérence mérite aussi une attention particulière pendant une refonte. Une refonte demande un plan de redirection, surtout lorsque des pages changent d’adresse ou d’architecture.

Vérifiez le correctif avant d’attendre Google

Je ne considère pas le correctif terminé tant que je n’ai pas vérifié son comportement réel.

Essayez les deux adresses

Entrez volontairement la variante non officielle dans le navigateur. L’adresse devrait changer vers la forme retenue.

Rechargez ensuite la page officielle. Elle devrait rester stable.

Vérifiez les réponses HTTP

Avec les outils de développement du navigateur ou un vérificateur de redirections, confirmez que :

  • la variante répond avec une redirection permanente;
  • la destination répond 200;
  • la redirection mène directement à la bonne page;
  • aucune boucle ni étape supplémentaire n’apparaît.

Relisez les signaux générés

Vérifiez la canonique dans le HTML ou dans une extension SEO. Ouvrez aussi le sitemap et quelques liens internes représentatifs.

Sur un site généré statiquement, vérifiez le résultat de la génération. Une configuration peut sembler correcte dans le projet tout en produisant encore une ancienne forme dans les fichiers finaux.

Revenez dans Search Console

Inspectez d’abord l’URL finale importante. Lancez un test en direct pour confirmer que Google peut y accéder.

Test en direct de Search Console indiquant que Google a accès à l’URL et que la page peut être indexée.
Le test en direct confirme l’accès actuel et l’admissibilité technique vérifiée par l’outil. Il ne garantit ni l’indexation ni le choix canonique.

Les données du rapport ne changent pas immédiatement. Elles reflètent les explorations précédentes. Après le correctif, Google doit revisiter les URL et mettre ses données à jour. Cela peut prendre plusieurs jours ou davantage selon le site et la fréquence d’exploration.

Ce qu’il faut retenir quand le courriel arrive

Le courriel de Search Console est un signal à examiner, pas un diagnostic. Ouvrez le motif, choisissez une URL importante et comparez sa réponse HTTP, sa canonique déclarée et la canonique choisie par Google.

Si l’URL exclue est une variante cohérente, son exclusion peut être normale. Si le site sert plusieurs formes sans les aligner, corrigez la règle à la source, puis laissez Google réexplorer.

Après votre lecture

Questions fréquentes

Des réponses courtes pour distinguer une exclusion normale d’un vrai problème d’indexation.

  1. Non. Un site contient souvent des redirections, des variantes et d’autres URL qui ne devraient pas être indexées. Vérifiez le motif et assurez-vous surtout que les pages officielles importantes peuvent être indexées.

  2. Google considère l’URL inspectée comme une variante d’une autre page canonique. Si cette canonique est bien celle que vous voulez et que Google l’a indexée, aucune correction n’est nécessaire pour forcer l’indexation de la variante.

  3. Pas automatiquement. Une URL redirigée n’est normalement pas indexée. Vérifiez que la destination est correcte, accessible et canonique. Corrigez seulement les redirections erronées, inutiles ou trop longues.

  4. Les deux conventions sont valides pour les pages internes. Choisissez une forme et appliquez-la aux redirections, aux canoniques, au sitemap et aux liens. La barre de l’URL racine est normale.

  5. Non. La canonique suggère une URL principale tout en laissant la variante accessible. La redirection envoie directement vers une autre adresse. Si une variante ne doit jamais être utilisée, la redirection permanente est généralement plus claire.

  6. Search Console doit attendre une nouvelle exploration avant de refléter le changement. Vous pouvez tester immédiatement l’accès actuel et demander l’indexation d’une URL finale importante, mais Google ne garantit ni le délai ni l’indexation.

Écrit par

Parlons de votre projet.

Quelques lignes suffisent pour commencer.

Secteurs d’or sur l’encre : éventails crème et ambre autour d’un point rouge, avec un disque rouille.
Secteurs d’or, Tout part d’un point